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Séminaire de l'action Socialisation langagière et agentivité

Le 17 mars 2026

Bâtiment Stendhal - D 209 - Domaine Universitaire St Martin d'Hères - 15 heures 30

Patricia Lambert, ENS Lyon, UMR Icar

Former au travail du langage : socialisation langagière et  recompositions des métiers administratifs

3ème Séminaire 2025-2026 de l'action Socialisation langagière et agentivité 

Former au travail du langage : socialisation langagière et recompositions des métiers administratifs

Cette présentation propose d’interroger la formation aux métiers administratifs comme un espace de socialisation langagière, dans un contexte marqué par la tertiarisation du travail, la rationalisation numérique et l’automatisation croissante des tâches. Elle s’appuie sur une approche socio-historique et ethnographique croisant deux terrains menés à près de vingt ans d’intervalle : une enquête conduite dans un lycée professionnel de Guyane française (Bac pro Gestion-Administration, 2019-2020) et une étude plus ancienne réalisée dans un lycée professionnel de l’académie de Grenoble (BEP Secrétariat-Comptabilité, 2001-2005).

En mobilisant la notion de socialisation langagière comme processus d’apprentissage des usages, des normes et des valeurs associés au langage dans un cadre institutionnel donné, il s’agira de montrer que le langage occupe une place centrale (quoique rarement explicitée) dans la formation aux métiers du bureau. Celle-ci engage les élèves dans des épreuves langagières multiples : écrire selon des formats normés, interpréter des exigences implicites, ajuster leur parole à des attentes professionnelles anticipées, et faire preuve de réflexivité sur leurs propres usages.

L’analyse de documents prescriptifs (référentiels), de situations pédagogiques observées et de pratiques langagières en classe met en évidence plusieurs dynamiques conjointes. D’une part, une intellectualisation croissante du travail langagier, marquée par la montée des exigences réflexives et par la formalisation de compétences communicationnelles présentées comme conditions d’autonomie professionnelle. D’autre part, la persistance de dispositifs de socialisation langagière à forte dominante scolaire, reposant sur des attentes largement implicites, et susceptibles de produire des malentendus ainsi que des évaluations contrastées des élèves.

Ces processus contribuent à faire du langage un opérateur central de socialisation professionnelle, mais aussi un puissant vecteur de différenciation sociale et de hiérarchisation, dans des filières féminisées et socialement dévalorisées. En ce sens, cette communication invite à penser la formation professionnelle non seulement comme un lieu d’acquisition de compétences, mais comme un espace où se rejouent, à travers le langage, des rapports de pouvoir et des formes contemporaines de vulnérabilité et de précarisation de la parole au travail.

Références

Boutet, J. (2001). La part langagière du travail. Langage et Société, 98, 17-42.

Duchêne, A. (2009). Formé-e pour servir ! La part langagière de la formation professionnelle dans la nouvelle économie. Bulletin suisse de linguistique appliquée, 90, 125-147.

Lambert, P. (à par.). Filles de parole. Une ethnographie du langage en lycée professionnel, ENS éditions, coll. Éducation et savoirs en société.

Date

Le 17 mars 2026
Complément date

15h30-17h30

 

Localisation

Complément lieu

Bâtiment Stendhal -  D 209 - Domaine Universitaire St Martin d'Hères -

Contact

Bigot Violaine

violaine.bigot3 [at] univ-grenoble-alpes.fr

Publié le 24 février 2026

Mis à jour le 25 février 2026