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ALADUN (enseigner/Apprendre les LAngues Débutées à l’UNiversité)

L’action ALADUN vise à documenter l’enseignement/apprentissage de différentes langues étrangères à un niveau débutant à l’âge adulte en contexte universitaire, terrain jusqu’alors peu investigué en didactique des langues. En mettant en avant une variété de langues, l’action s’emploie à valoriser le plurilinguisme à l’université et à étudier les processus d’apprentissage à la lumière de facteurs parfois méconnus ou peu pris en compte dans les travaux didactiques ou acquisitionnistes. Elle s‘attache pour cela à étudier la réalité des pratiques tant dans la perspective des enseignants (à travers les choix méthodologiques opérés, mais aussi la posture, l’agir professoral, la présentation de soi et l’ethos) que dans celle des apprenants (en étudiant leurs motivations, l’élan qui les pousse vers une langue qui les attire, leurs attentes, leurs représentations et les imaginaires associés aux langues apprises ou aux manières de les apprendre).
 
L’action implique à part égale des enseignants, doctorants, docteurs, enseignants-chercheurs, ce qui l’insère dans le cadre épistémologique des recherches collaboratives (Desgagné et al., 2001), visant à produire des connaissances situées à partir des intérêts exprimés par les participants. Dans une perspective ethnométhodologique, des points de vue variés sont sollicités ; c’est par ce croisement de multiples interprétations que nous poursuivons une compréhension fine du terrain que constituent les cours débutants de langue à l’université. Ce travail collectif permettra de mieux en saisir la complexité, en s’appuyant sur l’expertise de chacun (Barry et al., 2020).
 
Dans cette optique, nous recueillons des données multiples : interactions en classe grâce à des captations vidéo ou audio, enregistrements de cours assurés par visioconférence, discours réflexifs (entretiens avec des enseignants et des apprenants, rapports d’apprentissage), questionnaires, productions orales et écrites. L’approche retenue est fondée sur un décloisonnement entre les langues et les contextes géographiques : Université Grenoble Alpes, Université de Lille, Université Fédérale du Paraná (Curitiba/Brésil).

Principales orientations

L’action repose sur trois orientations principales :
1) les postures enseignantes,
2) l’imaginaire de l’Autre,
3) l’enseignement/apprentissage de la langue cible : perspectives didactiques et acquisitionnelles.
 
(1) Les postures enseignantes
A travers l’analyse des postures enseignantes, c’est le rôle que les enseignants s’attribuent que nous investiguons. Quelles responsabilités associent-ils à la découverte de la langue et aux premiers apprentissages ? Se positionnent-ils en tant que représentants ou experts de la langue / culture cible ?  Cette complexité de la relation aux langues enseignées et aux dimensions culturelles se pose à la fois pour ceux qui sont natifs de la langue enseignée et ceux qui ne le sont pas (Dervin & Badrinathan, dir., 2011). Nous souhaitons également identifier les leviers mis en œuvre par les enseignants pour susciter l’envie d’apprendre et maintenir cet élan. Ont-ils recours à la séduction, à la mise en scène de soi, au dévoilement personnel ? Nous considérons ici que l’enseignant contribue à façonner un imaginaire. C’est par l’analyse des interactions en classe et des verbalisations de l’enseignant que cette orientation sera abordée.
 
(2) L’imaginaire de l’Autre
L’imaginaire (Auger et al., dir., 2009) constituant un élément central de cette action, plusieurs voies d’analyse sont envisagées pour les dimensions interculturelles. Un intérêt majeur apparaît pour l’imaginaire de l’Autre, qu’il s’agisse de l’enseignant, de l’apprenant ou des locuteurs de la langue cible. Dans ce cadre, l’imaginaire est associé aux attentes et représentations dont les apprenants disposent préalablement, et qui guident leurs choix de telle ou telle langue à l’âge adulte, par intérêt pour l’altérité, pour des raisons personnelles ou avec des projets de mobilité. Une question émerge de ce contexte : comment construire ou déconstruire ces représentations de la langue en classe ? En outre, comment travailler la diversité sociolinguistique de la langue cible sans créer un sentiment de déception par rapport aux attentes initiales des apprenants ? Une attention particulière sera portée à l’évolution qui se produit au fil de l’apprentissage et à la co-construction des imaginaires par l’ensemble des participants.
 
(3) L’enseignement/apprentissage de la langue cible : perspectives didactiques et acquisitionnelles
L’enseignement / apprentissage de la langue est ici abordé dans la perspective des débuts, ce qui conduit à interroger les choix méthodologiques opérés dans le contexte universitaire. Les perspectives didactiques abordées s’attacheront à étudier la programmation de l’enseignement à destination de grands débutants ainsi que les spécificités de l’intervention à ce niveau. Elles pourront concerner différentes modalités de cours (présentiel, tout à distance ou hybride, classe inversée…). En lien avec l’ingénierie pédagogique, nous nous intéresserons également à la conception de dispositifs numériques (activités et ressources) destinés à un apprentissage en autonomie pour l'initiation à des langues débutées.
 
A l’université, les apprenants peuvent avoir des L1 variées, des compétences plus ou moins avancées dans différentes L2, L3, etc., et avoir eu des expériences d’apprentissage diverses, façonnant à la fois leurs attentes en matière d’enseignement-apprentissage mais aussi les mécanismes qui sous-tendent l’appropriation. Dans une perspective acquisitionnelle, les études menées dans le cadre de l’action ALADUN permettront de caractériser l’appropriation à un niveau débutant, dans différentes configurations de langues et de profils d’apprenants. Elles viseront également à mettre en évidence des étapes clés dans la progression des apprenants et à dégager des traits qui peuvent être communs à différentes langues débutées ou au contraire spécifiques à certaines.
Les études en acquisition des langues étrangères (LE) et secondes (L2) visent à comprendre et à décrire les processus d’apprentissage. Dans le cas de langues débutées, savoir ce qui s’apprend assez rapidement et plutôt facilement en LE/L2 et ce qui, au contraire, est susceptible de résister et pourquoi, revêt un intérêt particulier. Cette question peut contribuer à informer les démarches et infléchir ce qu’apprenants et/ou enseignants se représentent comme simple ou complexe, facilement apprenable et/ou enseignable. Sur ce point, des études dans le domaine de l’acquisition ont mis en évidence le rythme et l’ordre de l’acquisition en milieu non guidé (Perdue, 1993) comme en milieu guidé (Pienemann, 1999 ; Winkler, 2017). D’autres ont étudié ce que les apprenants saisissent lors des toutes premières heures d’exposition à la langue cible (Rast, 2017). Le Projet VILLA (Watorek et al., 2016) a quant à lui plus spécifiquement étudié le début de l’acquisition d’une langue étrangère en classe en contexte hétéroglotte et dans des conditions d’intervention contrôlée. Les chercheurs ont montré que l’acquisition ne se mesurait pas seulement par rapport à la compréhension et la production, mais également à travers des tâches plus contrôlées comme la discrimination phonologique et le jugement grammatical.
Ces travaux apportent des connaissances linguistiques, mais des facteurs liés à la motivation, aux représentations et aux imaginaires des acteurs sont rarement associés aux investigations menées, alors qu’ils jouent un rôle important dans les attentes, les choix et les postures des apprenants comme des enseignants. L’action ALADUN offre l’opportunité de croiser des résultats relatifs à l’acquisition linguistique avec des données relatives aux imaginaires à l’œuvre, à la motivation, aux attitudes et aux postures. Les résultats des analyses enrichiront la compréhension des mécanismes d’appropriation et ouvriront ce faisant de nouvelles pistes didactiques.

Partenariats :

L’action est co-portée par
  • l’Université Grenoble Alpes : service des langues (SDL) de l’UGA, laboratoire Lidilem (responsables locales de l’action : Catherine Felce et Catherine Muller),
  • l’Université de Lille : centre de langues de l’Université de Lille (CLIL), laboratoire STL(responsable locale de l’action : Emilie Kasazian),
  • l’Université Fédérale du Paraná (Curitiba/Brésil) : centre de Langues et Interculturalité de l'UFPR (CELIN) (responsable locale de l’action : Claudia Daher).

Membres

Responables : Catherine Flece (MCF) & Catherine Muller (MCF HDR)

Membres Lidilem : ACHILOVA Lada (doctorante), ALEKSANDROVA Tatiana (MCF), AYKURT-BUCHWALTER Sülün (Doctorante), BERNARDON DE OLIVIERA Katia (MCF), BOUCHARECHAS Manon (Doctorante), CHEN Ping-Hsueh (Docteur), FENG Yu-Cheng (MCF), YAN Rui (MCF)

Membres hors Lidilem : ALVES Laryssa (Etudiante, UFPR (Curitiba/ Brésil)), CARVALHO WINCK Natália(Etudiante, UFPR (Curitiba/ Brésil)), CASTELO Ana (Enseignante, doctorante en didactique des langues,Université de Lille), CORNEZ Elodie (PRAG, Université de Lille), DA SILVA Victor Hugo (Etudiant, UFPR (Curitiba/ Brésil)), DAHER Claudia (MCF, UFPR (Curitiba/ Brésil)), DIAS VIEIRA Letícia (Etudiante, UFPR (Curitiba/ Brésil)), FELIPPE GRECA Thais (Etudiante, UFPR (Curitiba/ Brésil)), JACOBSEN Frauke (Enseignante, UGA), JARDOU Ali (Docteur, enseignant, UGA), KASAZIAN Emilie (MCF, STL, Université de Lille), MILAN Pollianna (MCF, UFPR (Curitiba/ Brésil)), KORNILAKI Charikleia (Ingénieur d’études, enseignante, UGA), KOTI Aikaterini (Enseignante, doctorante, Université de Lille), LANHI BALTHAZAR Luciana (MCF, UFPR (Curitiba/ Brésil)), LEAL DE FREITAS LOURENÇO Milena (Etudiante, UFPR (Curitiba/ Brésil)), LEITE DA SILVA Luan (Etudiant, UFPR (Curitiba/ Brésil)), MATYSOVA Kristyna (Docteure, enseignante, Université de Lille), MIECZNIKOWSKI MACIEL Raphael (Etudiant, UFPR (Curitiba/ Brésil)), NEGRELO BISCAIA Wagner José (Etudiant, UFPR (Curitiba/ Brésil)), NOZHA Smati (Docteure, enseignante, Université de Lille), OSTROWSKA Michalina (Lectrice, UGA), PALOMBI Melinda(ATER, docteure, agrégée, Université de Lille), PLEYER Adrien (Enseignante, Université de Lille), RIVENS Annick (PU, CLIL, Université de Lille), SHARIFIOROUMI Neda (Docteure, enseignante, Université de Lille), SILVEIRA DE SOUZA Kauanne Emilia (Etudiante, UFPR (Curitiba/ Brésil)), TOMASI Gabriella (Etudiante, UFPR (Curitiba/ Brésil)), TUMMILLO Federica (Docteure, enseignante, UGA), VAN DER SANDEN Nathalie (Docteure, enseignante, UGA), ZHANG Hua (Docteur, enseignant, Université de Lille), ZHURAULIOVA Hanna (Enseignante, Université de Lille)
 

Publié le 22 août 2022

Mis à jour le 23 août 2022